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L'atelier d'ecriture de Planguenoual partage

Aujourd'hui, à l'atelier, le texte d'appui est celui de Gaëlle Josse. Le fils de 16 ans a claqué la porte. Pour survivre, Anne sa mère, lui écrit la fête insensée qu'elle offrira à son retour.

Elle commence comme ça, lorsque tu reviendras ...

Lorsque vous reviendrez, ce sera le bel été, et l'insouciance retrouvée. Si, si. Heureux et détendus, nous nous installerons en terrasse, sous la lumière orangée du grand parasol. D'un ton léger, par petites touches, nous jouerons à refaire connaissance, nous parlerons du temps écoulé, de toutes ces choses vécues chacun de notre côté, les heures graves, les petits bonheurs. Il fera bon se retrouver. Et quand nos regards se perdront dans le vert du jardin, le bleu du ciel, le vol d'une hirondelle, je dirai pour voir fleurir vos sourires :

« Une petite glace ?... Pistache, Mangue, Piňacolada, Chocolat ?... »


Quelques jours plus tard, fatalement, autour d'une tablée comme on les aime, il y aura d'autres exclamations, d'autres rires, d'autres murmures dans le soir qui tombe. La sangria sera au frais. Et pour l'occasion, comme un rituel attendu, je ferai des gougères, je sais que vous les aimez...

Un peu avant l'heure dite, je verserai deux verres d'eau froide dans une casserole, toujours la même, avec du beurre et une bonne pincée de sel. Quand l'eau sera à ébullition et le beurre fondu, d'un coup je verserai la farine hors du feu. Moment magique et fatidique, pas de panique ! Car de ce qui semblera quelques secondes un amas de grumeaux, peu à peu se formera une belle boule de pâte que la cuiller en bois décollera en l'asséchant. J'y ajouterai trois beaux œufs, un à un, en tournant bien. La pâte deviendra collante, un peu brillante. Ce sera le moment d'y enrober les petits cubes de comté, et de disposer sur la plaque, des boules de même grosseur, avant d'enfourner pour une bonne demi-heure. Légères, elles gonfleront dans le plaisir de l'attente. Une délicieuse odeur se répandra alors, juste quand, toujours ponctuels, j'ouvrirai grand la porte pour vous accueillir. Mais je ne me presserai pas de les sortir du four, vous laissant le temps de vous installer, de prendre vos aises, en attendant les autres invités. C'est quand elles seront craquantes, fondantes, dorées à souhait, que je les déposerai alors dans le petit panier d'osier, le même depuis des années. Elles feront le tour de la table - « Ah ! Les gougères d'Agnès !... », tandis que nous lèverons nos verres aux souhaits qui fuseront.

Et dans un clin d'œil complice, l'été pourra enfin commencer, plus intense de se savoir éphémère.

Agnès D.

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Lorsque tu reviendras… Il se pourrait que la maison soit vide.

Je serai moi-aussi partie de part le monde pour chercher ce que tu n’as pas trouvé ici.

La route est longue quand l’espoir s’amenuise au fur et à mesure des pas.

J’ai parcouru mille lieues à ta rencontre, à la recherche de tes yeux.

Que de curiosité, de joie ou de tristesse dans ces regards croisés.

Ils m’ont tant apporté.

J’ai appris les choses de la vie dans le désert africain, les temples tibétains. Tu m’as accompagné et pourtant je ne t’ai pas trouvé.

Mais voilà, je suis revenue et je t’attends déjà.

Et lorsque, toi, tu reviendras je serai là et la maison grande ouverte t’accueillera pour mieux te garder.


Michelle C.




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